Liberté d’expression à travers les réseaux sociaux

La liberté d’expression, est un attribut essentiel de la liberté de toute personne humaine, les journalistes en sont les portes drapeaux ou aussi les « chiens de garde de la démocratie » selon . Si cette liberté est un droit essentiel cela ne veut pas dire que les journalistes peuvent en jouir totalement. Les lois et la déontologie en fixent les limites.

Ainsi, la définition de la liberté d’expression en France se trouve  dans l’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen qui énonce « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme, tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi».

Les réseaux sociaux semblent libérés de cette contrainte et sont souvent présentés comme des zones de privilégiés où la liberté d’expression n’aurait aucune « limite ». Le contrôle des contenus postés est difficile à mettre en oeuvre, principalement à cause du nombre très important  d’utilisateurs (par exemple,le nombre des utilisateurs de Facebook s’élève à 1,3 milliards). La légalité des informations est d’autant plus difficile a vérifier que de nos jours nous sommes capable de « retweeter » ou de partager très facilement, ce qui permet de répandre un message à travers le réseau en quelques secondes.

Le retweet est devenu un geste banal. Pourtant ce simple mouvement de doigt est une forme d’expression qui peut donc parfois avoir des répercutions qui engageront la resposabilité de l’auteur et pourra constituer une infraction pénale . Pour éviter ce genre de situations les réseaux sociaux exercent une forme de censure sur les contenus. Cette censure est un ensemble de règles qui diffèrent selon les réseaux et permettent d’isoler des contenus  illégaux ou inappropriés ,qui pullulent sur ces plateformes.

La liberté d’expression a ses limites sur toutes les plateformes. Cette censure est-elle assez stricte pour éviter les dérives et, ne peut-elle pas être abusive dans certains cas ?

En effet, la censure sur certains réseaux sociaux est plutôt complexe. Lorsqu’un compte djihadiste, raciste, sexiste ou pédophile est découvert sur Twitter, le réseau social se réfugie souvent derrière sa neutralité et l’absence de contrôle des contenus pour expliquer pourquoi il ne l’a pas fait disparaître plus tôt. Twitter censure plus facilement des contenus après des réclamations pour violation du droit d’auteur que des comptes aux contenus frauduleux. On a quand meme pu constater que Twitter a un certain contrôle sur les contenus de son réseau car il a réagi avec une rapidité impressionnante  pour effacer en quelques minutes les tweets favorables à l’attaque lors de l’attentat de Nice le 14 juillet 2016.

Voici ci-dessous le message qui s’affiche après la censure d’un compte Twitter.

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Facebook a des règles mieux définies que Twitter en terme de censure comme l’explique Monika Bricket (modératrice mondiale de Facebook) qui a mis en place des règles strictes encadrant la liberté d’expression, proscrivant entre autres les « violences et menaces », « intimidations et harcèlements », « discours incitant à la haine »« contenus explicites » (soit des images trop violentes) ou encore la « nudité ».

La France est le champion numéro un parmi les pays ayant obtenu le plus de suppressions des contenus sur ce réseaux. Facebook a publié un rapport dans lequel il indique que durant l’année 2015, le gouvernement français a obtenu la suppression de 37 990 contenus, dont 85% de ceux-ci étant des contenus provenant des attentats survenus au cours de l’année, les 15% (5698.5) restant sont donc par déduction des contenus privés. C’est encore plus que l’Inde et la Turquie réunies qui eux ont  obtenu respectivement la suppression de 30 126 et 6 574 contenus sur le site.  Cependant il parait important de signaler le contexte difficile de l’année 2015 a largement gonflé le nombre de censures.

La censure sur les réseaux sociaux est une bonne chose pour éviter les débordements de toute forme ( incitation à la haine, contenus à caractère sexuel) mais est parfois abusive.  Ainsi, en 2015, un instituteur  avait retrouvé son compte suspendu après avoir posté une image du tableau L’origine du monde , jugé trop explicite. Et les exemples sont nombreux, surtout sur des pages artistiques où l’on peut voir une certaine nudité mais en aucun cas de la vulgarité. Par cet exemple on peut voir que la censure est parfois plus sévère et restrictive que les textes de lois sur lesquels s’appuient les journaux papier.

Sur se graphique on constate que la France est numéro un mondial du nombre de contenus censurés sur Facebook, loin devant son voisin allemand, qui en compte six fois moins.

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Le journaliste n’en a pas moins de contraintes car il se doit de respecter la ligne éditoriale de son journal. Les journalistes ont une forme responsabilité dans les contenus qu’ils diffusent car ils ont pour devoir de vérifier, situer dans son contexte, et publier une information de qualité. Les sources doivent toujours être vérifiées et les informations ne doivent pas être détournées. Le journaliste peut s’exprimer librement , dans les limites de la loi, du moment qu’il propose du contenu de qualité.

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