Réseaux sociaux : aide ou concurrence des médias traditionnels ?

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Aujourd’hui, 44% des journalistes pensent que les réseaux sociaux concurrencent les médias traditionnels. Ce qui est sûr, c’est que les réseaux sociaux sont vus par tout le monde comme de nouveaux et incontournables moyens d’informations qui fragilisent l’économie de la presse.

Cette mutation des médias et les bouleversements  économiques qu’elle impose, oblige les entreprises de presse à s’adapter. La diminution des effectifs de rédaction s’impose massivement depuis quelques années. La sauvegarde de la qualité éditoriale attendue par le public, oblige à repenser la rédaction appelant à l’invention de nouveaux profils de journalistes. Selon Julia Cagé, auteur du l’ouvrage Sauvez les médias, les journalistes papier, sont donc licenciés et remplacés par des informaticiens ou par des journalistes abiles dans le numérique.

De nos jours, 66% des journaliste travaillent pour la presse ,écrite or ils étaient plus de 90% en 1964. Cette diminution s’accompagne d’une désertification des activités journalistiques dans la presse écrite.

La crise de la presse écrite s’est accéléré à la fin des années 2000. Depuis l’arrivée d’internet une part croissante des effectifs se concentre sur l’alimentation des sites internet, à tel point que l’on distingue de plus en plus les journalistes web de ceux qui ne le sont pas. Petit à petit, les journaux transfèrent des ressources déjà faibles du print ( journal papier) vers le web. On appelle les nouveaux journalistes spécialisés d’internet des  journalistes « onlines « qui sont plus nombreux sur Twitter avec 92% d’entre eux. Twitter est le parfait outil pour savoir ce qui se passe en temps réel. Où un journaliste online peut publier un billet sur un sujet dit « chaud » instantanément

Le cabinet Audiens va néanmoins nuancer cette affirmation. En effet nous pouvons voir sur ce graphique représentant le poids relatif des 4 secteurs d’informations qu’il n’y a pas d’évolution en nombre de salariés entre 2004 et 2011.

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Les journalistes, loin de baisser les bras face aux réseaux sociaux, les utilisent comme interface entre les eux et leurs lecteurs.Avec de plus en plus d’utilisateurs depuis 2012, on constate que les réseaux sociaux sont devenus des incontournables . Pour les journalistes, c’est en effet un moyen de mettre en avant son travail, par exemple en envoyant des liens de leurs communiqués de presse aux journalistes via Twitter. C’est également un moyen facile et rapide de rentrer en contact avec différents intervenants pour les interviewer.  Une des premières missions de l’utilisation du numérique est de trouver des informations, pour cela les journalistes lisent des blogs (31,7 %), les posts de leurs abonnements (47,8 %), ou des sites de contenus collaboratifs c’est à dire des espaces de travail virtuel 17,3 % ( ex:Wikipédia).

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On voit très clairement sur ce graphique que les journalistes français passent en moyenne 2h par jour sur les réseaux sociaux.

Aussi,

  •  Plus de 91 % utilisent les réseaux sociaux pour leur travail
  • 57,7 % déclarent même qu’ils améliorent leur productivité.
  • 58,9 % partagent leurs articles sur les réseaux sociaux.
  • Ils interagissent également avec leurs abonnés puisque 40,6 % répondent aux commentaires et 47 % engagent des discussions concernant leurs publications.
  • 17,4 % utilisent les réseaux sociaux pour faire de nouvelles connaissances dans leur secteur d’activité.

91% des journalistes utilisent donc les réseaux sociaux pour leur travail qui donne naissance à de grandes disparités selon les thèmes abordés comme par exemple, ceux travaillant dans le secteur « e-marketing, high tech, telecom » sont environ 30% à y passer plus de 4h par jour contre moins de 5% pour ceux du domaine « économie, finance, entreprise ».

Les journalistes ont bien pris le virage des nouveaux outils marketing et utilisent largement plus les réseaux sociaux dans le domaine professionnel, à l’heure où les modes de communications ont évolué.

Cela peut aussi se comprendre pour des raisons de coût, en effet, augmenter le nombre de pages d’un journal papier c’est élever son coût de production là où le coût marginal de la publication d’un article est nul.

Les médias traditionnels vont aussi développer de nouvelles stratégies afin de capter le plus d’audimat, avec comme partenaire et concurrents, les réseaux sociaux.

On voit naître des médias utilisant leur image télévisuelle afin de promouvoir leur site internet, comme le fait le service public qui donne la priorité à son site franceinfo. Même chose pour LCI qui annonce sa politique de « mobile first » où leur site fusionne avec MyTF1News et MetroNews. Et enfin BFMTV, qui fait partie des premiers en France à avoir parié sur internet.

Tous profitent de leurs images télé dont les internautes raffolent de plus en plus, notamment de vidéos d’actualités, pour promouvoir leurs sites internet. Selon une étude du Reuters Institute, soit le centre de recherche international dans l’étude comparative du journalisme par l’Université d’Oxford, les videos d’actualités seraient regardées par près d’un quart d’entre nous.

Les sites issus de la presse écrite comme Le Figaro et Le Monde ont jusqu’ici bien résisté en se positionnant premiers en France pour l’information généraliste selon le classement de l’Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias. Viennent ensuite ceux de BFMTV, de 20 Minutes, du Parisien, de FranceTVInfo, de L’Obs, de L’Express et de Ouest-France.Le Figaro.fr et Le Monde.fr ont les mêmes stratégies de vidéos : leurs équipes d’une douzaine de journalistes, publient quotidiennement 12 à 15 vidéos et affichent environ 15 millions de vues par mois pour ces productions. Des témoins d’événements peuvent aussi envoyer des videos sur lesquelles ils s’appuient après vérification bien sûr. Lefigaro.com, enfin, diffuse une centaine de vidéos par jour.

Certains médias traditionnels ont également choisi de collaborer avec les réseaux sociaux influents comme pour le lancement en septembre dernier du Monde sur Snapchat Discover, pour diffuser des vidéos sur le réseau social Snapchat et développer des rendez-vous réguliers. Le Figaro va lui se lancer sur Facebook Live qui est un outil de « live » en video direct sur Facebook pour fin 2016 début 2017.

Dans la plupart des cas, les réseaux sociaux feront office de point de passage, représentant 45% des renvois vers les grands médias mondiaux, 38% pour Facebook, , et environ 34% pour Google. « Ces moyennes masquent des situations très différentes. Le Figaro ou le Monde luttent pour préserver leur audience directe face aux réseaux, tandis que par exemple L’Express, malgré une équipe bien moins nombreuse, est présent en adaptant ses articles aux critères de Facebook. […] Les marques médias ne suffiront pas à attirer les internautes. Il faudra aller les chercher sur Facebook, dont les critères de recommandation changent sans cesse, et qui les met tous sur le même plan « , relève Nicolas Reffait, du cabinet de conseil en management et en technologie BearingPoint.

Les réseaux sociaux sont devenus un moyen d’assurer une plus grande visibilité et viralité des articles rédigés par les journalistes, ils sont alors 35%, tous médias confondus, à être d’accord avec le fait que les réseaux sociaux permettent de développer leur « personnal branding » soit la promotion d’une image et d’un individu par le biais de techniques marketing et publicitaires, l’individu devient alors une marque reconnue. Ils voudront alors par la suite garder un lien avec leur communauté et l’animer.

Il y a le cas récent du nouveau média d’information Explicite qui est le nouveau projet lancé par des journalistes d’iTélé ayant quitter la chaîne d’information en continu. Il est lancé par 54 ex-journalistes parmi la centaine ayant quitté la rédaction de la chaîne d’information de Vivendi. Ils avaient fait grève durant 31 jours (une durée historique) pour protester contre les choix de l’actionnaire Vincent Bolloré en automne 2016. Explicite commencera à produire vendredi 20 janvier, lors d’une date politiquement « symbolique » : l’investiture de Donald Trump. Ce nouveau média sera distribué sur Facebook, Twitter et YouTube. Ils filmeront avec leurs smartphones et émettront des fois en direct avec Facebook Live. Quant à leurs moyens, ils sont installés dans le 17e arrondissement de Paris qui sont des locaux prêtés et l’équipe est entièrement bénévole. Chacun a touché des indemnités à son départ d’i-Télé mais cherche aussi du travail « en parallèle »

En conclusion la crise de la presse écrite amplifiée par la montée en puissance des réseaux sociaux a obligé les medias à se réinventer et à s’adapter.

 

 

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